l’ascension du promeneur

Au matin du septième jour, à quatre heures, je partis pour être au rendez-vous à dix heures trente. Je m’assis sur une bûche et attendis, dans ce sentiment d’exultation merveilleuse que j’avais acquis dans mes méditations. J’étais si profondément plongé dans la contemplation du Soi Divin que je n’entendis approcher personne. Pourtant, c’est le son d’une voix qui me tira de ma méditation et j’aperçus, non loin de là, un homme aux cheveux blancs portant la barbe. Il me faisait penser à un vieux prospecteur, bien que ses vêtements fussent trop élégants pour cette occupation. Comme il s’avançait en me tendant la main, j’eus la confirmation qu’il n’était pas ouvrier. Après les salutations, la conversation roula sur des banalités puis, se tournant vers moi, il me dit: « Mon ami, j’aimerais vous raconter une histoire. Elle n’est pas longue et il y a bien longtemps que je n’en ai plus parlé à personne. J’aimerais bien faire une nouvelle tentative. »
Un intérêt extraordinaire s’était éveillé en moi. Pensant qu’il pouvait avoir soif, et comme je cherchais un gobelet pour lui offrir de l’eau de la source auprès de laquelle nous étions, une coupe de cristal semblable à celle que Saint-Germain avait utilisée plusieurs fois se forma dans ma main. Le vieil homme regarda cela avec des yeux brillants et, avec une certaine exaltation, c’est presque en criant qu’il dit: « C’est lui, c’est lui! »
Il ne savait que faire et j’insistai pour qu’il boive. C’est alors que j’aperçus que la coupe contenait le même liquide effervescent que celui que le Maître m’avait donné. L’homme saisit avidement la coupe et, avec l’expression de la plus grande gratitude, il en but le contenu. Instantanément, il fut saisi d’un calme et d’une quiétude sincères et profonds. Je lui demandai de me raconter cette histoire et il commença:
« Mon père était un officier britannique commandant un poste dans le Punjab aux Indes, où nous habitions. Lorsque j’eus seize ans, il finança un ami qui voulait tenter sa chance dans les mines de diamants de l’Afrique du Sud, et on n’eut plus jamais de nouvelles de lui. J’avais une vingtaine d’années quand un étranger de grande taille, beau, homme de grande sagesse, visita mon père pour lui apporter des nouvelles de son ami. « L’ami que vous avait financé il y a des années, dit-il, a réussi dans ses entreprises et est devenu immensément riche. il est mort là-bas, récemment, aux mines, sans avoir d’héritiers. Toute sa fortune vous est destinée, et après votre décès, elle doit passer à votre fils. Si vous êtes d’accord, je m’occuperai de toute l’affaire et je ferai exécuter les transferts nécessaires.
– Il m’est impossible de quitter l’Inde actuellement, répliqua mon père, car je suis ici aux ordres du gouvernement. Aussi, c’est avec gratitude que j’accepte votre offre. »
« Je me trouvais près d’eux au moment de cette conversation et, quand les arrangements furent pris, l’étranger se tourna vers moi et dit: « Mon Fils, quand vous rencontrerez un homme qui vous offrira une coupe pleine d’un liquide effervescent, vous aurez rencontré celui qui pourra vous assister dans l’Ascension de votre corps. Je ne puis vous en dire beaucoup plus, sauf que vous le verrez sur une grande montagne en Amérique du Nord. Cela peut vous sembler très vague, n’est-ce pas, mais c’est néanmoins tout ce que je peux dire. »
« Après le départ de l’étranger, un mois s’était à peine écoulé que Père fit une sortie avec les indigènes pour régler des questions gouvernementales et il fut touché par une balle. Il mourut pendant le transport à la maison. Comme j’étais son fils unique, Mère et moi nous préparâmes à quitter le pays pour rentrer en Angleterre. Les préparatifs furent prêts en un mois et, juste avant le départ, le même étranger se présenta. Je lui expliquai que Père n’était plus. « Oui, au moment de vous quitter, il y a deux mois, j’ai vu que votre père ne vivrait plus à mon retour. J’ai tout arrangé pour le transfert de la fortune à votre nom à la Banque d’Angleterre. Voici de l’argent pour le voyage et les reçus du transfert, ainsi que les preuves d’identité dont vous aurez besoin à la banque. Il vous suffira de les présenter et votre fortune vous sera remise.
Il y en a une grande partie en diamants de première qualité. »
« Je le remerciai et offris de le dédommager pour ses services mais il répondit: « Votre intention est bonne et je l’apprécie, mais tout cela est déjà en ordre. Je serai heureux de vous accompagner jusqu’au bateau à Bombay. »
« Pendant le voyage, j’eus la révélation de sa profonde sagesse – je me sentais comme un petit enfant à côté de lui. Je suis conscient qu’il m’a alors enveloppé d’une Radiation qui dure encore aujourd’hui. C’est lui qui s’occupa de tout pendant le voyage et ses dernières paroles, au moment du départ, furent pour me dire: « Souvenez-vous: la coupe de cristal! Cherchez, et vous trouverez! »
« Le voyage jusqu’à Southampton fut merveilleux. Arrivés à Londres, j’allais à la banque avec les documents et les employés me dirent: « Nous vous attendions aujourd’hui. Voici vos carnets de chèques et le relevé du compte en banque. »
« Je fus surpris de voir que 100 000 livres sterling figuraient sur le compte.
« Je perdis Mère cinq ans plus tard. Je transférai alors la moitié de ma fortune à une banque de New York et commençai ma quête de l’homme à la Coupe de Cristal.
« Jamais je ne pourrai donner une idée des désappointements, des difficultés, des épreuves, du chagrin qui furent miens mais, malgré tout, je n’ai jamais pu renoncer à cette recherche. Ce qui est inexplicable, c’est que, en dépit de mon apparence de grand âge, mon énergie et ma force sont non seulement intactes, mais même supérieures à celles de ma jeunesse. A présent, j’ai soixante dix ans. Aujourd’hui, j’ai eu envie de suivre cette visite et, grâce à Dieu, je vous ai trouvé. Mon désir était grand, oui! Il était irrésistible.
– Mon brave ami, que dois-je faire pour vous? lui demandai-je.
– Vous saurez ce qu’il y a lieu de faire, dit-il, car je suis sûr de ne pas être dans l’erreur. Je perçois une grande puissance émanant du cœur de cette montagne. Demandez à Dieu de vous montrer ce qu’il faut faire. »

Instantanément, le Pouvoir Divin Intérieur surgit en moi avec une telle force qu’il me souleva du sol. Faisant le signe que Saint-Germain m’avait appris, je fis appel à la Lumière de Dieu et, levant la main en signe de salutation, je dis: « Dieu Tout-puissant dans l’Homme et dans l’Univers! Nous demandons Ta Lumière! Nous demandons Ta Sagesse! Nous demandons Ton Pouvoir! Que Ta Volonté S’accomplisse pour et par ce Frère qui m’a cherché et m’a trouvé. J’ignore ce que je dois faire pour lui. Toi, Tu le sais. Manifeste Ta Volonté physiquement par moi, et que tout ce qui doit se faire pour ce Frère – Ton Fils – soit accompli! »
Lorsque j’abaissai la main, elle tenait à nouveau la Coupe de Cristal avec la Lumière Liquide Vivante. Je l’offris à mon ami et le Puissant Dieu Intérieur dit: « Bois sans crainte. Ta recherche est terminée! »
Il vida la Coupe sans la moindre hésitation. Je fis un pas en avant et saisis vivement ses deux mains. Lentement, mais sûrement, toute apparence d’âge s’évanouit de sa personne et mon Dieu Intérieur dit: « Voici, tu es à jamais libéré de toute limitation terrestre. Monte maintenant vers le Grand Chœur des Êtres de Lumière qui t’attendent. »
Très lentement, il s’éleva de terre et ses vêtements ordinaires disparurent: Il était à présent revêtu d’une parure blanche étincelante. Je lâchai ses mains. Alors, d’une voix qui exprimait le plus Grand Amour, il dit: « Je reviendrai à Toi, Frère Bien-Aimé. Je Te revaudrai le service transcendant que tu viens de rendre. Un jour, Tu comprendras pourquoi! », et, avec un sourire radieux, il s’éloigna sur son Chemin de Lumière Étincelante. Lorsque l’influx du Pouvoir Divin se retira, je tombai à genoux. Le cœur débordant de gratitude, j’offris à Dieu la prière la plus fervente et la plus humble de toute ma vie pour le privilège qui m’avait été donné de pouvoir rendre un tel service.
Comme je me relevai, Saint-Germain m’entoura de ses bras et dit:
« Frère Bien Aimé, que je suis heureux! Vous avez été noble et fidèle dans le service envers la Grande Présence Intérieure. Dieu-en-Action a pu s’exprimer au travers de vous. Je vous félicite cordialement. Vous serez à jamais tenu dans notre Radiation, même si, extérieurement, vous n’en êtes pas toujours conscient. Vous êtes maintenant un digne envoyé de la Grande Fraternité Blanche et des Maîtres Ascensionnés.
« Restez en contact permanent avec votre Divinité Intérieure. Vous serez alors toujours prêt pour servir, partout, et en tout ce qui est requis. Je vous enveloppe de mon Amour en attendant notre prochaine entrevue.
« Je vous tiendrai au courant. » »
Lentement, je repris le chemin du retour, en rendant continuellement grâce et louages à Dieu l’Unique qui exprime Sa Perfection Éternelle par nos humbles formes physiques.

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