salles de trésors

Nous voyageâmes vers l’Est et arrivâmes bientôt sur une élévation. Saint-Germain étendit la main et, de nouveau, revivifia les enregistrements éthériques de ce peuple. La ville était le seconde cité de l’Empire. Celle que nous venions de quitter était le centre du pouvoir et de l’activité spirituelle, tandis que celle-ci était le siège de l’administration et de toutes les activités assurant le bien-être physique de la population. Ici se trouvaient la banque nationale, l’hôtel des monnaies et les laboratoires scientifiques.
Non loin de la cité s’élevait la majestueuse chaîne des Andes, la source de l’immense richesse minérale de l’Empire. Je notai un détail qui me paraissait remarquable: toutes ces personnes semblaient paisibles et parfaitement satisfaites. Elles se déplaçaient sur un rythme tranquille et exquis. La projection se termina et nous nous dirigeâmes vers le seul point rocheux visible.
Saint-Germain toucha l’un des rochers qui, en basculant, découvrit un escalier de vingt marches en métal. Nous les descendîmes jusqu’à une porte, de métal elle aussi. Nous la franchîmes, descendîmes encore vingt marches qui aboutissaient devant une porte scellée en bronze massif. Il tendit la main vers la porte et descella une ouverture carrée où se trouvaient des boutons de métal comme ceux d’un orgue. Il en pressa deux: la grande porte massive s’ouvrit lentement et nous nous trouvâmes dans une salle immense où tout était dans un état de parfaite conservation. Cette salle servait de salle d’exposition publique pour les inventions. Toutes les pièces étaient faites de métal combiné avec ce qui paraissait être du verre opalin.
« Ceci, dit Saint-Germain, est obtenu en fusionnant certains métaux avec du verre, de telle sorte que le mélange a la dureté de l’acier et l’imperméabilité du verre. Un homme de l’époque actuelle fut très près de découvrir ce procédé, mais il lui a manqué un élément, celui qui aurait rendu l’alliage impérissable. »
La pièce, tapissée de cet alliage, possédait trois portes massives. Saint-Germain se dirigea vers une boîte de fiches, en pressa trois d’entre elles, et toutes les portes s’ouvrirent en même temps. Nous franchîmes la première et nous trouvâmes dans ce qui me parût être un passage voûté, long et étroit, plutôt qu’une pièce. Il était tapissé de récipients rempli de disques d’or de la taille d’un dollar d’argent, qui portaient la tête de l’Empereur en incrustation et l’inscription: ‘la Bénédiction de Dieu sur l’Homme’.
En franchissant la seconde porte, nous trouvâmes des récipients analogues pleins de toutes espèces de pierres précieuses non taillées. Dans la troisième pièce, les récipients étaient plats, et contenaient de minces feuilles d’or sur lesquelles étaient inscrites les formules et les procédés secrets employés à cette époque.
« Parmi ceux-ci, me dit Saint-Germain, se trouvent des formules et des procédés qui n’ont pas encore été employés, même à cette époque, et qui seront mis en usage maintenant. »
Il retourna près de la boîte à fiches et en pressa une autre que je n’avais pas remarquée: elle ouvrait un passage, voûté, reliant le trésor à la frappe des monnaies. Le couloir devait avoir cinq cents mètres de long et, à l’extrémité opposée, nous pénétrâmes dans une pièce immense. Elle constituait la partie principale de la frappe et était remplie d’un véritable réseau de machines de la plus merveilleuse construction. Parmi beaucoup d’autres, je remarquai des machines pour estampiller l’or et d’autres pour couper et tailler les pierres précieuses. Elles me fascinaient tant était parfaite leur opération. Saint-Germain me montra un spécimen de verre malléable, clair comme du cristal.
Dans cette pièce se trouvaient en quantité des pépites d’or, de la poudre d’or, des lingots d’or de quatre à cinq kilos chacun. J’étais muet devant un tel amas de richesses en un seul lieu. Saint-Germain, comprenant ce que je ressentais, me fit cette remarque:
« Dieu et la Nature répandent leurs richesses en abondance sur la Terre, pour la bénédiction et l’usage des êtres qui s’y incarnent, mais l’égoïsme et le désir de domination des humains leur fait oublier les ‘Voies Supérieures de la Vie’. Ils sont la cause de l’inhumanité de l’homme envers l’homme.
« Le petit nombre qui a voulu contrôler la masse aurait dû avoir l’intelligence de comprendre que ce qui aide la masse, c’est ce qui aide aussi le plus l’individu. S’ils refusent de reconnaître cette Loi, l’autodestruction s’en suit. C’est la conséquence de l’égoïsme. L’égoïsme et le désir de dominer autrui aveuglent la raison et obscurcissent la perception du mental inférieur sur les dangers qu’il court. Cette espèce d’individus court à sa ruine dans tous les cas: ruine spirituelle, mentale, morale et physique s’étendant jusqu’à la troisième ou quatrième incorporation. Seule la Lumière peut élever l’individu au-dessus de l’égoïsme.
« Lorsque l’individu émergera de la boue de son propre égoïsme et de la luxure sous toutes ses formes, tout ce que Dieu et la Nature tiennent en réserve pour un usage correct pourra lui être confié. Tout individu qui se purifie de l’égoïsme et de l’appétit de jouissance peut avoir toutes les richesses à sa disposition, à condition qu’il s’en serve de façon harmonieuse et pour la bénédiction d’autrui. Tout individu peut conquérir, pour son propre effort, la garde de ces Dons, car dans l’Age qui a déjà commencé, des richesses illimitées ne seront confiées qu’à ceux qui se seront rendus dignes d’être les Gardiens et les Dispensateurs responsables de ces trésors. Dieu et la Nature dispensent ces Dons à l’homme pour un bon usage, et l’usage correct est la seule condition qui permettra de les recevoir. »
Saint-Germain croisa les mains sur sa poitrine et continua: « Dieu Tout-puissant! Pénètre si profondément dans le Cœur de Tes Enfants qu’ils ne désirent plus que Toi Seul! Ainsi personne ne sera privé de Tes Dons! »
Il scella de nouveau tout comme nous l’avions trouvé, et nous retournâmes vers mon corps dont je repris bientôt possession. Il me tendit la coupe de cristal habituelle. Elle était pleine de la Substance de Vie et Il me dit: « Mon Fils Bien Aimé, vous serez un Aide de grande valeur. Puisse Dieu vous bénir à jamais! »
Après cette bénédiction, Il s’inclina et disparut.

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