6. amazonie

Chapitre 6: CITÉS ENFOUIES DE L’AMAZONIE.

Peu de temps après, un soir où j’étais plongé dans mon travail, j’entendis la voix de Saint-Germain me dire distinctement: « Soyez prêt ce soir à 9 heures, Je viendrai vous chercher ».
Immédiatement, je me sentis en pleine forme. Je terminai rapidement mon travail, pris un bain et m’apprêtai à dîner de bonne heure. « Je vous apporterai la nourriture qu’il vous faut », me dit alors Saint-Germain. J’attendis donc et j’entrai dans la plus profonde méditation que je pus atteindre – reconnaissant partout la pleine et parfaite manifestation de Dieu.
A 9 heures précises, la Maître apparut dans ma chambre, portant des vêtements qui avaient l’apparence métallique et brillante de l’acier poli mais qui, au toucher, paraissaient plutôt faits dans un alliage extrêmement léger de soie et de caoutchouc. L’examen de cette belle et nouvelle texture me fascina au point que je sortis de mon corps sans m’en apercevoir, jusqu’au moment où, me retournant, je le vis étendu sur le lit. En m’avançant vers le grand miroir fixé sur la porte, je vis que mes vêtements étaient identiques à ceux que portait Saint-Germain. Je m’en étonnai, et me demandai pourquoi ils différaient tant de ceux qui nous avaient servi jusqu’à présent. Il lut la question dans mon esprit et y répondit:
« Essayez de comprendre, Mon Fils, que dans l’état ascensionné, nous avons toujours la faculté d’employer la pure substance universelle et elle répond aussitôt à notre désir. Si nous désirons une forme pour un temps limité, nous donnons à la substance dont elle est formée cette qualité, et la forme se manifeste conformément à notre décret. Aujourd’hui, nous aurons à traverser l’eau et la radiation spéciale de cette matière entourera votre corps subtil d’un champ magnétique qui l’isolera contre les effets naturels de l’élément liquide.
« Essayez de concentrer votre pensée sur ce pouvoir qui est en vous. Faites appel, pour votre usage, à l’océan de substance universelle dans laquelle vous pouvez puiser sans limites. Elle obéit sans exception aucune aux décrets de votre pensée et manifeste toute qualité qui lui est imposée par l’activité du sentiment humain.
« La substance universelle obéit à votre volonté consciente en tout temps. Elle ne cesse de répondre aux pensées et aux sentiments de l’humanité, que celle-ci s’en rende compte ou non. Il n’est pas un moment où les hommes n’imposent une qualité ou une autre à cette Substance. Ce n’est que par la connaissance qu’un individu obtient le contrôle et la manipulation consciente de cet océan de substance universelle. Avec cette connaissance, l’homme commence à comprendre les possibilités créatrices de ses pensées et de ses sentiments, et la responsabilité qui lui incombe.
« Pendant des siècles, l’humanité a qualifié la substance universelle avec le sentiment de décrépitude et de limitation, et actuellement les corps expriment ces caractéristiques. Toute la race humaine donne constamment naissance à des orages de haine, de colère, de revanche, et de beaucoup d’autres sentiments inharmonieux qui s’impriment sur les éléments, et ceux-ci les rejettent sur l’humanité sous forme de cataclysmes de la nature. Le peuple de la Terre connaît de grands bouleversements d’idées et d’émotions, provoqués par la révolte contre l’injustice du sort, le ressentiment envers les êtres, les lieux et les choses, et le désir de revanche, conscients ou inconscients. Ces vibrations imposées sur les éléments de la substance universelle font, tôt ou tard, retour à l’individu qui est leur créateur et leur source. Les cataclysmes ne sont que les moyens dont se sert la substance universelle pour se purifier et se débarrasser de la contamination des pensées et des sentiments humains: elle retourne toujours à son état de pureté divine.
« A chaque instant, chaque individu reçoit, dans son âme et son corps, la pure et parfaite Vie de Dieu. A chaque instant également, il donne une qualification à la pure substance universelle de Dieu. Il est seul responsable de l’emploi qu’il fait de la pure substance divine et il recevra le choc en retour de sa création, car la Vie de l’Univers se meut en cercle et doit faire retour à sa source.
« Les Maîtres Ascensionnés ont appris à connaître la Loi du Cercle, la Loi de l’Unique. C’est pourquoi nous n’imposons à la substance universelle que la qualité dont nous voulons faire usage, pour le service immédiat. Si nous voulons qu’une manifestation dure un certain temps, nous formulons le décret, et la substance dont se compose cette manifestation y répond de façon précise. Quant aux archives du Royal Titon et des autres centres répartis dans le monde, il est nécessaire pour notre travail que certaines choses soient maintenues pendant des siècles: nous les décrétons donc comme impérissables et elles le sont car la nature ne se trompe jamais. Elle garde fidèlement les qualités qui lui sont imposées. Elle nous obéit; elle obéit aussi à l’homme.

« Il existe cependant une autre qualité en elle, que l’homme ignore, ou refuse avec entêtement d’apprendre et, à cause de cette ignorance ou de cet entêtement du moi extérieur, il ne cesse de souffrir, jusqu’à ce qu’il reconnaisse cette vérité fondamentale et éternelle: la Loi de l’Amour, la Loi de l’Unique, la Loi de la Perfection, la Loi de l’Harmonie, ‘la Loi du Cercle’. Lorsque l’humanité acceptera cette vérité comme une Loi et obéira à son décret éternel, la discorde disparaîtra de la Terre et l’action destructrice des Quatre Éléments cessera.
« Il y a dans la nature une force de purification, d’auto purification et d’auto régénération qui agit en rejetant tout ce qui n’est pas en harmonie avec la Loi de l’Unique! Cette force, ou énergie, est une activité qui opère une pression de l’intérieur vers l’extérieur, du dedans vers le dehors, c’est ‘l’Unique Force d’Expansion’.
« Toute discorde imposée à la pure substance universelle encercle temporairement l’énergie électronique. Lorsque cette pression atteint un certain degré de densité, la force d’expansion se déclenche et fracasse la discorde et la limitation. Ainsi, la Grande Vie de l’Unique, la lumineuse essence de la création, toujours en expansion, ‘Dieu-en-Action’, balaie tout ce qui lui fait opposition et, Étant l’Ordinateur Suprême de l’Univers, poursuit sa marche vers le but qui lui est assigné. Les Maîtres Ascensionnés le savent et sont UN avec cette connaissance. L’humanité peut acquérir cette connaissance et s’identifier avec elle volontairement. Ceci fait partie des possibilités et des capacités de tout individu, car c’est la principe inhérent de toute Vie auto consciente. Ce principe n’a pas de favori et tous peuvent l’exprimer dans sa plénitude.
« La Vie qui anime chaque être humain possède le pouvoir d’exprimer tout ce que les Maîtres Ascensionnés manifestent à chaque instant, mais il faut en avoir le désir. Toute Vie peut exprimer la volonté, mais ce n’est que la Vie consciente de soi-même qui est libre de choisir ce qu’elle va manifester. Un individu peut donc librement se décider à fonctionner dans un corps grossier, limité, ou dans un corps de substance lumière. L’être humain a choisi son champ d’expression. Il se détermine lui-même, il est un créateur, il a voulu vivre une Vie auto consciente. Lorsqu’un individu s’individualise, il décide librement de devenir un foyer intensifié, individualisé de l’intelligence consciente, se manifestant au milieu de l’Absolue Vie interpénétrant tout. Il dirige consciemment ses futures activités. Aussi, une fois qu’il a fait son choix, il est seul à pouvoir remplir cette destinée qui est la sienne, qui n’est pas un plan implacable mais un plan bien défini de perfection. C’est un archétype cosmique qu’il choisit d’exprimer dans le domaine de la forme et de l’action. Ainsi, vous voyez, Mon Fils, qu’un être humain peut, à chaque instant, décider de sortir des apparences et des limitations humaines. Si cette décision est prise et maintenue avec toute l’énergie de sa Vie, il réussira. Ceux d’entre nous qui avons réalisé l’Ascension du corps physique l’ont réalisée en donnant tout au Soi Divin Intérieur, et c’est pourquoi Il exprime à travers nous Ses Qualités Parfaites: ‘le Plan Divin de la Vie’.
« Venez, partons! » »
J’étais conscient de me diriger vers le Sud-Est. Nous passâmes au-dessus du Lac Salé, de la Nouvelle Orléans, du Golfe du Mexique, des Iles Bahamas. Nous arrivâmes au-dessus d’un ruban argenté que je reconnus pour un fleuve que nous suivîmes jusqu’à l’embouchure. La voix intérieure me dit qu’il s’agissait de l’Amazone.
« Maintenant, me dit Saint-Germain, soyez conscient que Dieu en vous dirige tout et est maître de toute situation. » Au même moment, nous commençâmes à descendre et, l’instant d’après, nous touchions la surface de l’eau. Elle nous parut aussi ferme sous nos pieds que le sol et j’éprouvai un sentiment de surprise à son contact. Il m’expliqua plus tard que nous pouvions aussi bien nous déplacer sous l’eau qu’à sa surface, parce que les vêtements que nous portions irradiaient jusqu’à une distance considérable autour de nos corps une aura protectrice, et que cette aura produisait un milieu favorable à l’exploration des couches souterraines de la Terre et des lieux se trouvant sous l’eau.
« Ce phénomène, continua-t-Il, est dû à ce que le monde scientifique appellerait un champ de force électrique autour de nos corps, mais la force électrique qui charge ces vêtements est une électricité plus subtile que celle qui est connue dans le monde physique. Un jour, vos hommes de science découvriront cette force et comprendront qu’elle a toujours existé dans l’atmosphère. Mais ils n’ont pas su comment la contrôler encore, ni la diriger pour le service de l’humanité.
« Il est bien plus facile de la contrôler par l’intelligence que par un appareil physique quelconque, bien qu’elle puisse être produite et contrôlée par des moyens mécaniques. Ce que le monde extérieur connaît sous le nom d’électricité n’est qu’une force grossière de la Grande Énergie Spirituelle de la Vie. Elle existe dans toute la création. Au fur et à mesure que l’homme s’élèvera et gardera un contact conscient avec son Dieu Intérieur, il s’apercevra des possibilités gigantesques qui se trouvent dans l’usage de cette énergie et de cette force. Le service qu’elle peut rendre dans le travail créateur qu’il peut avoir à accomplir dans toutes les phases de son activité est illimité. » »
Nous entrâmes dans l’eau, la traversant sans rencontrer aucune résistance. Je fus un peu saisi par la nouveauté de l’expérience, mais je me souvins aussitôt de l’admonition d’avoir seulement conscience de mon Dieu Intérieur comme Maître de toute la situation. Nous arrivâmes bientôt près de la côte et passâmes au-dessus de nombreux crocodiles qui nous virent sans être dérangés par notre présence. Continuant sur le continent, nous arrivâmes jusqu’à la partie supérieure d’un monument.
« Voici le sommet d’un obélisque de dix huit mètres, m’expliqua Saint-Germain. Seulement trois dépassent au-dessus de la surface du sol. Cet obélisque indiquait le point culminant d’une importante cité qui fut enfouie lors du dernier cataclysme qui submergea l’Atlantide. Cet obélisque est fait d’une matière impérissable et il est couvert de hiéroglyphes datant de cette époque. Notez leur netteté: ils resteront toujours ainsi à cause de l’indestructibilité du métal. La cité, à l’origine, fut construite à dix miles de la rive du fleuve mais, au temps où elle fut submergée, l’embouchure du fleuve fut élargie de plusieurs kilomètres. »
Nous nous élevâmes au-dessus du sol et continuâmes notre route en suivant le cours de l’Amazone jusqu’à un certain point situé à 56° de longitude ouest. Là, nous avons observé maintes choses puis nous nous sommes dirigés vers le point situé à 70° de longitude ouest. Saint-Germain m’expliqua que, de ce lieu, partiront des recherches et des observations futures. La section qu’Il m’indiqua couvrait l’Amazone entre les deux points et aussi deux de ses principaux affluents: la Jurna et la Madeira.
« Cette civilisation, dit-Il, s’édifia pendant la période allant de douze à quatorze mille ans d’ici. La portion de contrée qui nous concerne est la partie s’étendant du confluent de la Madeira et de l’Amazone, jusqu’au point Ouest où l’Amazone entre en contact avec la Colombie et le Pérou.
« Il y a treize mille ans environ, le cours de l’Amazone était contenu par de grandes digues de pierres. La contrée environnante était située à une altitude d’environ seize cents mètres et, au lieu du climat tropical actuel, une température semi tropicale régnait sur l’endroit tout au long de l’année. La contrée formait un grand plateau. A son embouchure, l’Amazone formait de magnifiques chutes. La cité où se trouvait l’obélisque était construite entre les chutes et le rivage de la mer, à environ dix miles (16km) au sud du fleuve. Au Nord, l’Orénoque était peuplé de grands reptiles et autres animaux féroces. »
Aux environs de la rivière Madeira, Saint-Germain continua:
« Voici les restes d’une ancienne cité, la capitale de l’empire, le point le plus important de la civilisation de cette époque ». Il leva la main et la ville devint aussi visible qu’une cité physique actuelle.
« Remarquez comment elle est construite, me dit-Il. Une série de cercles concentriques; des rues commerciales partant du centre, comme les rayons du moyeu d’une roue. Les cercles extérieurs étaient des promenades distantes de trois miles (4,8km). Il y en avait sept, ce qui, ajouté au centre de la ville, lui donnait un diamètre de quarante six miles (73km) environ. Ainsi, la vie commerciale n’interrompait pas la beauté et l’harmonie des allées de plaisance.
« Le cercle le plus intérieur avait quatre miles de diamètre (6,4km), et il entourait les bâtiments administratifs de tout l’empire. Les rues étaient magnifiquement pavées et construites à soixante centimètres sous le niveau des bâtiments et des jardins environnants. Chaque matin, les rues étaient nettoyées à fond, lavées à flots avant le commencement des activités de la journée.
« Observez la magnificence étonnante des promenades, et la beauté des plantations fleuries qui les bordaient. Une des caractéristiques particulières de l’architecture était que le dernier étage de presque tous les immeubles, spécialement des résidences, formaient des dômes qui pouvaient être ouverts à volonté, ou fermés. Ils étaient formés de quatre sections transformables, et pouvaient servir de chambres privées ou d’appartements de réception. La chaleur n’était jamais excessive et, le soir, la fraîcheur des montagnes descendait avec la ponctualité d’un chronomètre. »
Nous entrâmes dans le Capitole, une immense construction d’une grande beauté. L’intérieur était recouvert d’un marbre ivoire, veiné de vert, et le dallage était fait de pierres vert mousse dont la texture ressemblait à du jade. Elles avaient été si bien ajustées qu’elles donnaient l’impression d’être d’une seule coulée. Dans la rotonde, il y avait de grandes tables de la même matière, mais de couleur plus claire. Elles avaient de lourds pieds de bronze, placés à environ quatre vingt dix centimètres de chaque extrémité.
De nouveau, Saint-Germain leva la main et des êtres vivants peuplèrent les jardins et les immeubles environnants. J’en eus le souffle coupé car je voyais devant moi toute une population aux cheveux dorés et au teint blanc et rose. Les hommes pouvaient avoir entre un mètre quatre vingt cinq et quatre vingt dix, et les femmes un mètre soixante quinze environ. Leurs yeux étaient d’un bleu violet magnifique, très clairs et très brillants et exprimaient une grande intelligence paisible. En passant par une porte, à droite, nous pénétrâmes dans la salle du trône de l’empereur. C’était, de toute évidence, le jour des audiences, car nous le vîmes accueillir des hôtes indigènes et étrangers.
« Voici l’empereur Casimir Poséidon, me dit Saint-Germain. C’était vraiment un dieu incarné. Regardez la noblesse pleine de bonté de son visage, contrastant avec le pouvoir prodigieux qui se dégage de sa personne. Il était et est un Maître Ascensionné béni et aimé de tous. Pendant de nombreux siècles, sous formes de mythes et de fables, sa mémoire resta vivante, et la perfection de son royaume resta décrite dans les poèmes épiques, mais le temps efface même la mémoire de tels accomplissements, et ils finissent par être oubliés par les générations suivantes. »
Casimir Poséidon était en effet un monarque magnifique. Bien bâti, un mètre quatre vingt dix et droit comme une flèche. Debout, il dominait son entourage et l’atmosphère même paraissait chargé de sa puissance. Son abondante chevelure lui descendait jusqu’aux épaules. Sa robe royale, faite d’une matière qui ressemblait à un velours de soie violette, était brodée d’or et, en dessous, il portait un collant d’or souple. Sa couronne était une simple bande d’or, avec un énorme diamant au milieu du front.
« Ce peuple, me dit Saint-Germain, était en communication directe avec toutes les parties du monde, grâce à la navigation aérienne qui avait été mise à sa disposition. Tout l’éclairage, le chauffage et la force motrice étaient extraits de l’atmosphère. L’Atlantide, à la même époque, avait atteint un haut degré de civilisation, parce qu’elle avait été gouvernée par plusieurs Maîtres Ascensionnés qui lui avaient montré le chemin vers la Perfection. Périodiquement, Ils avaient pris en main le gouvernement dans le but d’élever le peuple spirituellement.
« Il en a été ainsi au cours des âges. Toutes les grandes civilisations ont été bâties sur des principes spirituels et, tant que l’obéissance aux Lois de la Vie a été respectée, le développement est allé croissant. Dès que le gouvernement et le peuple commencent à se relâcher, permettant à l’injustice ou au mauvais usage de la Vie de devenir des habitudes chez les fonctionnaires ou le peuple, la désintégration s’ensuit et continue jusqu’à ce qu’ils reviennent à l’observance de la Loi Fondamentale d’Équilibre et de Pureté, ou qu’ils soient balayés par leur propre discorde afin de permettre le rétablissement de l’équilibre et un nouveau départ.
« Casimir Poséidon était un descendant direct des Maîtres Ascensionnés qui ont gouverné l’Atlantide. En fait, la civilisation qu’il présidait était une branche de la culture atlante. Sa capitale était célèbre dans le monde entier pour sa magnificence et sa beauté.
« Pendant que les districts ruraux vous sont montrés, notez la méthode employée pour le transport des objets, car la force motrice employée par ces gens était générée par un instrument ressemblant à un coffre de soixante centimètres carrés de base sur quatre vingt dix centimètres de long, et connecté au mécanisme du moyen de locomotion. L’eau des rivières était captée et transformée en force motrice. Aucune organisation policière ou militaire n’était nécessaire grâce à la méthode employée pour rappeler la Loi au peuple, et lui donner, par Radiation, la merveilleuse force spirituelle qui lui permettait de s’y conformer.
« A l’Est du parc, il y avait un très beau monument. » Nous nous en approchâmes. Au-dessus de l’entrée, on pouvait lire ces mots: « Le Temple Vivant de Dieu pour l’Homme ». Nous entrâmes. Il était à l’intérieur beaucoup plus vaste qu’on ne pouvait le penser de l’extérieur: dix mille personnes devaient pouvoir s’y rencontrer.
Au centre de cet immense temple, il y avait un piédestal, d’environ soixante centimètres carrés à la base sur six mètres de haut, fait d’une substance laiteuse émettant une lumière blanche légèrement rosée. Sur ce piédestal reposait un bloc de cristal de soixante centimètres de diamètre, fait d’une substance émettant une douce lumière blanche. Elle était très douce et pourtant si intensément lumineuse que tout le temple était brillamment éclairé.
« Cette sphère, me fit remarquer Saint-Germain, était faite d’une matière précipitée, et contenait un foyer intense de lumière. Elle fut condensée et placée dans ce temple, à cette époque, par un Grand Maître Cosmique, pour diffuser et maintenir la Vie dans le peuple. Elle émettait non seulement la lumière mais aussi l’énergie et la force qui stabilisaient les activités de l’empire.
« Cette sphère de lumière fut établie par ce Grand Être et le temple fut érigé ensuite autour d’Elle! Elle était en réalité un foyer précipité et une concentration d’énergie émanant de la Présence Suprême. Le Grand Maître Cosmique qui l’avait établie apparaissait une fois par mois à côté de la Lumière et proclamait ‘la Loi de Dieu’, la Loi du gouvernement et la Loi de l’homme. Ainsi, il énonçait la Voie Divine de la Vie, et Il fut le Centre de l’Activité Christique pour le peuple de cet Age. »

Ici, Saint-Germain étendit de nouveau la main et le film vivant et parlant du Grand Être défila devant nous. Il est impossible de décrire avec des mots la Gloire de cette Présence. Je peux seulement dire qu’Il était l’Expression Véritable du ‘Fils de Dieu’. Presque aussitôt, j’entendis ce Grand Être Cosmique proclamer la Loi au peuple. Le souvenir de cette scène, avec la Majesté de la Présence et son ‘Décret’ sont gravés à jamais dans ma mémoire: j’en garde une claire et nette vision dans ma conscience. Je vous transmets le Décret tel qu’il se présente à moi encore aujourd’hui.

« Bien Aimés Enfants de l’Unique Dieu Tout-puissant! Ne savez-vous pas que la Vie dont vous avez l’usage vient de l’Unique, Suprême Présence, Éternellement Pure, Sainte et Parfaite? Si vous polluez la Beauté et la Perfection de cette Vie Unique, vous ne participez plus aux Dons de votre Dieu. Votre Vie est le Joyau Sacré de l’Amour, la Source des Secrets de l’Univers.
« Votre Dieu vous confie la Lumière de Son Propre Cœur, chérissez-La! Adorez-La! Votre Vie EST ‘la Perle de Grand Prix’. Vous êtes les Gardiens de l’Opulence de Dieu. Ne L’employez que pour Lui et sachez que vous devrez rendre compte de l’usage que vous faites de la Lumière Divine.
« La Vie est un Cercle sans solution de continuité, le Principe sur Lequel votre Cité est construite. Si vous créez conformément à la Ressemblance de votre Source, et acceptez en vous Son Amour et Sa Paix, si vous utilisez uniquement vos Pouvoirs de Création uniquement pour bénir, alors, en parcourant le Cercle de l’Existence, vous connaîtrez la Joie de la Vie à Laquelle toujours plus de Joie sera ajoutée. Si vous ne créez pas à la Ressemblance de votre Source, le mal ainsi créé par vous vous reviendra, avec toujours plus de son semblable.
« Vous seuls choisissez votre destinée, et vous seuls répondrez à votre Dieu pour l’usage que vous aurez fait de la Vie, qui est votre Etre même. Personne n’échappe à la Grande Loi. Pendant longtemps, J’ai proclamé cette Loi de la Vie. C’est la Loi de votre propre Être, et vous vous L’appliquez vous-mêmes. Car vous pouvez toujours retourner vers Dieu, quand vous désirez la Perfection de la Vie.
« Je ne viendrai pas toujours, comme maintenant, pour maintenir vos pas vagabonds sur le Chemin de la Vérité, ou pour vous rappeler la Lumière Éternelle, flambant au sommet d’un piédestal pour vous servir de guide. Dans un temps éloigné, Je parlerai au Cœur même de l’Homme et, si vous avez le Véritable Amour de la Vie, vous Me reconnaîtrez, car J’habiterai en un grand nombre d’entre vous. Que cela ne vous trouble pas, Mes Enfants. Si vous voulez Me connaître, Moi, la Lumière, vous devrez Me chercher, et lorsque vous M’aurez trouvé, vous demeurerez toujours en Moi.
« En ce jour-là, ‘le Père, la Mère et le Fils’ seront UN dans le Cœur de l’Homme. Le Fils est à jamais la Porte, la Voie conduisant à Dieu. Dans votre esprit et votre cœur, se trouve Ma Lumière, vous rappelant sans cesse Ma Présence car, dans le temps à venir, Je ne serai présent que dans cette Lumière.
« Alors, Je serai la Sagesse Spirituelle dirigeant l’Amour du Cœur, afin de vous combler de la Vie Unique – Dieu. Votre corps n’est que l’instrument de votre âme, et votre âme doit être illuminée par Ma Lumière, sinon vous périrez.
« Ma Lumière dans votre esprit est la Voie vers le Cœur de toute Lumière. Ce n’est que par Ma Lumière en vous que vous pourrez intensifier la Lumière dans chacune des cellules de votre Être afin qu’il croisse indéfiniment. Dans votre corps EST Ma Lumière vous permettant de prononcer Mes Paroles: J’illumine, Je protège, Je perfectionne toujours Mes Enfants. Les paroles qui ne remplissent pas cette triple mission ne sont pas Mes Paroles et ne peuvent qu’apporter la misère quand elles sont prononcées.
« Méditez sur Ma Lumière dans votre esprit, dans votre cœur, et vous connaîtrez l’Essence de toutes choses, vous connaîtrez la Substance de toutes choses et vous accomplirez toutes les Œuvres. Alors ce qui n’est pas de Moi ne vous confondra plus jamais.
« Je prononce ces Paroles maintenant afin qu’Elles soient gravées dans les tablettes de la Terre et dans la mémoire de ses Enfants. Dans les jours lointains dont Je parle, un des Enfants de Dieu recevra ces Paroles et Les répandra pour la bénédiction du monde.
« Dans ces Temps-là, lorsque vous aurez complètement et pleinement réalisé Ma Présence, et que vous La laisserez toujours agir dans votre Vie et votre monde, vous constaterez que les cellules du corps que vous occupez deviendront lumineuses sous l’Action de Ma Lumière, et vous comprendrez que vous pouvez continuer de vivre éternellement dans ce Corps de Lumière – la Robe Sans Couture du Christ. Alors, et alors seulement, vous serez libérés de la roue des réincarnations. Après ce long voyage à travers l’expérience humaine, et après avoir satisfait à la Loi de Cause et d’Effet, vous transcenderez toutes les conditions gouvernées par la Loi et vous deviendrez vous-mêmes la LOI TOUT-AMOUR, l’Unique. » »

« Tel est l’Éternel Corps Ascensionné du Christ, dit Saint-Germain en se tournant vers moi. Dans ce Corps, tous peuvent manier le Sceptre de la Maîtrise et être libres. Mon Fils, même maintenant vous pouvez monter dans la Lumière de l’Unique, car la Lumière est dans votre esprit, la Lumière est dans votre cœur et, si vous voulez y demeurer fermement, vous pouvez, et vous ferez ainsi l’Ascension de votre corps physique de limitations dans votre ‘Pur et Éternel Corps de Lumière’, à jamais jeune et libre, transcendant le temps et l’espace. Votre Glorieux Soi Divin est là qui vous attend. Pénétrez dans Sa Lumière et jouissez de la Paix Éternelle et du repos dans l’Action. Vous n’avez pas besoin de préparation, car Il est Tout-Puissant. Répondez sans hésitation à votre ‘Être de Lumière’ qui vous tend les bras et, dès ce moment, aujourd’hui même, Je vous le dis, vous pouvez opérer l’Ascension de votre corps. »
Lorsqu’Il se tût, les images cessèrent de défiler. Nous nous avançâmes à une certaine distance et nous nous arrêtâmes à un endroit où une grande pierre plate reposait sur le sol. Lorsque Saint-Germain centra son Pouvoir sur elle, la pierre fut soulevée de terre et bascula sur le côté, découvrant une ouverture avec des marches. Nous descendîmes jusqu’à une profondeur de douze mètres et arrivâmes devant une porte scellée. Il passa rapidement la main sur la porte, la descella et mit ainsi à jour des hiéroglyphes.
« Concentrez votre attention sur cette inscription », dit-Il. C’est ce que je fis et je vis alors les mots « le Temple Vivant de Dieu pour l’Homme » qui apparaissaient clairement sur la porte devant moi. Cette porte qui était là était la porte physique que nous venions de voir auparavant dans le film d’images vivantes.
Elle s’ouvrit et nous entrâmes dans une chambre située sous l’un des petits dômes élevés aux quatre coins du temple. Il y avait dans cette pièce un grand nombre de récipients métalliques d’environ soixante centimètres de long sur trente cinq de large et quinze de profondeur. Saint-Germain en ouvrit un et je vis qu’il contenait des feuilles d’or où étaient gravées au stylet l’histoire de cette civilisation.
Je compris que d’autres pièces avaient été scellées et conservées sous les autres dômes et que le grand dôme central avait été élevé au-dessus de la Sphère de Lumière. Nous découvrîmes un passage secret reliant ces chambres et, passant dans la seconde, nous vîmes des récipients remplis de joyaux provenant du Temple.
La troisième chambre contenait des ornements d’or et de pierres précieuses, le trône et d’autres sièges d’or. Le trône était un magnifique spécimen d’orfèvrerie. Le dossier avait la forme d’un coquillage formant dais au-dessus de la tête du chef et, de chaque côté pendaient des draperies faites de minuscules boucles dessinant chacune un 8. Elles étaient retenues par un anneau au dos du siège et produisaient ainsi le plus gracieux effet.
Au centre de la pièce se trouvait une table qui devait avoir quatre mètres vingt de long sur un mètre vingt de large: de jade authentique, elle reposait sur un piédestal de bronze doré. Autour de la table il y avait quatorze chaises en jade, aux pieds recouverts d’or. Les sièges étaient incurvés et les dossiers, merveilleusement sculptés, étaient surmontés d’un phœnix d’or aux yeux de diamant jaune. Ils symbolisaient l’Immortalité de l’Âme et l’Être Divin Parfait, immanent dans chaque individu, et que l’individu doit manifester en transcendant les souffrances et les cendres de la création humaine.
La quatrième pièce était remplie de différents types de boîtes de force (ainsi que Saint-Germain les appelait), destinées à condenser et à transmettre l’énergie tirée de l’Universel, pour l’éclairage, le chauffage et la propulsion. Les archives témoignaient que l’Empire était en contact avec toutes les parties du monde grâce à des vaisseaux aériens. Après cette civilisation en vint une autre du nom de Pima, puis une autre du nom d’Inca et toutes deux durèrent des milliers d’années.
Le déclin de la Cité commença peu de temps après son apogée et le Grand Maître Cosmique qui avait créé le Centre de Lumière grâce auquel elle s’était développée et avait subsisté, apparut pour la dernière fois aux sujets. Il vint pour les avertir du désastre qui menaçait l’Empire et Il aurait sauvé les habitants s’ils L’avaient écouté.
Il prédit le cataclysme qui allait faire tomber l’Empire dans l’oubli cinq ans avant la date fatidique, et ce fut sa dernière apparition. Ceux qui devaient être sauvés quittèrent la partie menacée du pays et se rassemblèrent dans un lieu sûr, car la dernière manifestation du cataclysme devait être soudaine et couper toutes les communications.
Dès que l’avertissement prophétique fut terminé, le Corps du Grand Être sembla s’évanouir et, à la consternation générale, il disparut complètement en même temps que le globe et le piédestal qui émettaient la Lumière Éternelle. Pendant un certain temps, le peuple se sentit troublé par cette prédiction mais, après qu’un an se fut écoulé sans que rien ne se produise, le souvenir de la Présence du Maître s’estompa et le doute quant au Décret de destruction commença à s’insinuer.
L’empereur et les plus avancés spirituellement quittèrent le pays et se fixèrent dans un certain endroit des États Unis où ils furent en sûreté jusqu’à ce que le changement ait lieu. La grande masse du peuple qui était demeurée sur place, devint de plus en plus sceptique et, deux ans plus tard, l’un d’eux, plus agressif que les autres, tenta de prendre la place de l’Empereur. Avant son départ, l’Empereur avait scellé le Palais et le Temple de la Lumière et quand l’usurpateur essaya de violer l’entrée scellée, il tomba sans vie sur le seuil.
Vers la fin de la cinquième année, au milieu du jour fatal, le soleil s’obscurcit et une intense panique s’empara de tous. Au coucher du soleil, un tremblement de terre d’une grande intensité secoua le sol et fit des maisons un chaos indescriptible. La contrée qui est maintenant l’Amérique du Sud perdit l’équilibre et bascula vers l’Est, submergeant toute la côte orientale sous quarante huit mètres d’eau. Elle resta ainsi pendant plusieurs années pour se rétablir lentement, à dix huit kilomètres de sa position première, et c’est là qu’elle se trouve encore aujourd’hui. Ce déplacement entraîna l’éloignement de l’Amazone: à l’époque ce fleuve avait vingt neuf kilomètres de large, il était plus profond qu’aujourd’hui et navigable d’un bout à l’autre; son cours s’étendait de ce qui est aujourd’hui le Lac Titicaca au Pérou jusqu’à l’Océan Atlantique. Dans un âge précédent, un canal avait été creusé entre l’Océan Pacifique et le Lac Titicaca et, comme ce dernier communiquait avec l’Amazone, les deux océans étaient ainsi reliés entièrement par voies d’eau.
Le nom de ce continent en ce temps-là était Méru. Ce nom était celui d’un Grand Être Cosmique dont le foyer principal d’activité était – et est encore – le Lac Titicaca. Le sens du mot ‘Amazone’ est : destructeur de vaisseaux, et il date de la période du cataclysme dont nous venons de parler.
Le fait que tout le continent de l’Amérique du Sud ait un jour basculé donne la clé des nombreuses particularités présentées par la côte Ouest, et que les géologues d’aujourd’hui sont incapables d’expliquer.
C’est ainsi que les grands cataclysmes ont étendu un voile sur des civilisations aux réalisations remarquables, et dont de rares fragments remontent à la lumière au passage du temps dans l’éternité. Le monde extérieur peut douter de ces assertions, mais les archives de cette civilisation qui reposent maintenant au Royal Titon en seront un jour la preuve. Elles révèleront l’existence et la fin de cet âge révolu.
Pendant qu’on me montrait ces activités impressionnantes, je me demandais comment une civilisation pouvait atteindre un niveau si admirable et une telle perfection dans tant de domaines pour finir dans un cataclysme aussi horrible. Saint-Germain vit la question dans mon esprit et me donna l’explication suivante:
« Voyez-vous, lorsqu’un groupe humain a la grande faveur de recevoir l’Instruction et la Radiation d’un Grand Etre de Lumière, comme Celui dont il est question ici, c’est une occasion pour ces individus de prendre connaissance du Plan de Vie de l’humanité et de la Perfection qu’elle est supposée vivre et réaliser par un effort conscient. Malheureusement, et ce fait s’est produit un grand nombre de fois au cours des siècles, la masse du peuple ne fait aucun effort pour comprendre la Loi de la Vie et sombre dans un état de léthargie. La masse ne veut pas se donner la peine d’accomplir ces choses avec le Pouvoir Divin Intérieur. Elle s’appuie uniquement sur Celui qui donne la Radiation. Cependant la force secourable n’est retirée que lorsque les individus cessent totalement de faire l’effort conscient pour comprendre la Vie et désobéissent volontairement à la Loi.
« Ils comprennent rarement que les bénédictions dont ils jouissent sont dues à la force secourable de Celui qui donne la Radiation. Si un certain groupe d’âmes a reçu l’enseignement qui doit les conduire à la Maîtrise et si elles n’ont pas gardé le souvenir, au cours des nombreuses vies, de leur Droit Divin de naissance, l’heure arrive où plus aucune assistance ne peut leur être donnée. La Radiation des Maîtres Ascensionnés est retirée et les âmes sont mises en face du fait que leur pouvoir, qui avait accompli et soutenu leurs œuvres, n’était pas le fait de leurs propres efforts.
« Ils doivent comprendre qu’ils ne peuvent recevoir que par un effort personnel. Dans une telle activité, les expériences visent à les forcer à faire l’application consciente nécessaire, et lorsque c’est un fait accompli, l’Expansion et la Souveraineté Divines commencent à s’exprimer.
« Il n’y a pas d’échec possible pour quiconque fait avec constance l’effort conscient pour exprimer la Suprématie du Divin sur l’humain, car l’échec ne survient que lorsque cesse l’effort conscient. Toute expérience que traverse l’individu ne vise qu’à un seul but, le rendre conscient de sa Source. Il doit apprendre qui il est, se reconnaître comme un créateur et, comme tel, être le Maître de ce qu’il crée.
« C’est une Loi Universelle que chaque être individualisé, investi du Pouvoir Créateur, est responsable de ses créations. Toute création est accomplie par un effort conscient, et si un individu à qui a été octroyé ce Grand Don de la Vie refuse de prendre ses responsabilités et de faire ce devoir, il sera harcelé par le ‘choc en retour’ de ses actions jusqu’à ce qu’il se soumette. L’humanité n’a jamais été créée dans des conditions de limitations, et elle ne pourra avoir de repos tant que la Perfection dont elle a été dotée au commencement ne sera pas rétablie. La Vie manifeste naturellement la Perfection, la Maîtrise, l’Emploi Harmonieux et le Contrôle de toute Substance et de toute Énergie. Ce sont les caractéristiques de l’Homme Originel.
« Dieu dans l’homme EST cette Perfection et cette Maîtrise. Il est cette Présence dans le Cœur de tous, la Source de Vie, le Dispensateur de tout Bien et de toute Perfection. Lorsque l’individu dirige son regard vers sa Source et reconnaît qu’Elle est cette Fontaine de tous Biens, à ce moment même, il ouvre le canal par lequel tous les Biens possibles se déverseront en lui et dans son univers, parce que son-attention-fixée-sur-sa-Source EST LA CLEF qui lui ouvre la Porte vers un Trésor Divin.
« La Vie en chaque personne est Dieu, et ce n’est que par un effort conscient pour comprendre la Vie et exprimer la totalité du Bien à travers soi-même que la chute dans le monde extérieur peut cesser. La Vie, l’Individu et la Loi sont UN, et il en est ainsi à jamais.
« Venez, continua Saint-Germain, nous allons nous rendre sur l’emplacement d’une cité enfouie près de la rivière Jarna. » »
Nous voyageâmes vers l’Est et arrivâmes bientôt sur une élévation. Saint-Germain étendit la main et, de nouveau, revivifia les enregistrements éthériques de ce peuple. La ville était le seconde cité de l’Empire. Celle que nous venions de quitter était le centre du pouvoir et de l’activité spirituelle, tandis que celle-ci était le siège de l’administration et de toutes les activités assurant le bien-être physique de la population. Ici se trouvaient la banque nationale, l’hôtel des monnaies et les laboratoires scientifiques.
Non loin de la cité s’élevait la majestueuse chaîne des Andes, la source de l’immense richesse minérale de l’Empire. Je notai un détail qui me paraissait remarquable: toutes ces personnes semblaient paisibles et parfaitement satisfaites. Elles se déplaçaient sur un rythme tranquille et exquis. La projection se termina et nous nous dirigeâmes vers le seul point rocheux visible.
Saint-Germain toucha l’un des rochers qui, en basculant, découvrit un escalier de vingt marches en métal. Nous les descendîmes jusqu’à une porte, de métal elle aussi. Nous la franchîmes, descendîmes encore vingt marches qui aboutissaient devant une porte scellée en bronze massif. Il tendit la main vers la porte et descella une ouverture carrée où se trouvaient des boutons de métal comme ceux d’un orgue. Il en pressa deux: la grande porte massive s’ouvrit lentement et nous nous trouvâmes dans une salle immense où tout était dans un état de parfaite conservation. Cette salle servait de salle d’exposition publique pour les inventions. Toutes les pièces étaient faites de métal combiné avec ce qui paraissait être du verre opalin.
« Ceci, dit Saint-Germain, est obtenu en fusionnant certains métaux avec du verre, de telle sorte que le mélange a la dureté de l’acier et l’imperméabilité du verre. Un homme de l’époque actuelle fut très près de découvrir ce procédé, mais il lui a manqué un élément, celui qui aurait rendu l’alliage impérissable. »
La pièce, tapissée de cet alliage, possédait trois portes massives. Saint-Germain se dirigea vers une boîte de fiches, en pressa trois d’entre elles, et toutes les portes s’ouvrirent en même temps. Nous franchîmes la première et nous trouvâmes dans ce qui me parût être un passage voûté, long et étroit, plutôt qu’une pièce. Il était tapissé de récipients rempli de disques d’or de la taille d’un dollar d’argent, qui portaient la tête de l’Empereur en incrustation et l’inscription: ‘la Bénédiction de Dieu sur l’Homme’.
En franchissant la seconde porte, nous trouvâmes des récipients analogues pleins de toutes espèces de pierres précieuses non taillées. Dans la troisième pièce, les récipients étaient plats, et contenaient de minces feuilles d’or sur lesquelles étaient inscrites les formules et les procédés secrets employés à cette époque.
« Parmi ceux-ci, me dit Saint-Germain, se trouvent des formules et des procédés qui n’ont pas encore été employés, même à cette époque, et qui seront mis en usage maintenant. »
Il retourna près de la boîte à fiches et en pressa une autre que je n’avais pas remarquée: elle ouvrait un passage, voûté, reliant le trésor à la frappe des monnaies. Le couloir devait avoir cinq cents mètres de long et, à l’extrémité opposée, nous pénétrâmes dans une pièce immense. Elle constituait la partie principale de la frappe et était remplie d’un véritable réseau de machines de la plus merveilleuse construction. Parmi beaucoup d’autres, je remarquai des machines pour estampiller l’or et d’autres pour couper et tailler les pierres précieuses. Elles me fascinaient tant était parfaite leur opération. Saint-Germain me montra un spécimen de verre malléable, clair comme du cristal.
Dans cette pièce se trouvaient en quantité des pépites d’or, de la poudre d’or, des lingots d’or de quatre à cinq kilos chacun. J’étais muet devant un tel amas de richesses en un seul lieu. Saint-Germain, comprenant ce que je ressentais, me fit cette remarque:
« Dieu et la Nature répandent leurs richesses en abondance sur la Terre, pour la bénédiction et l’usage des êtres qui s’y incarnent, mais l’égoïsme et le désir de domination des humains leur fait oublier les ‘Voies Supérieures de la Vie’. Ils sont la cause de l’inhumanité de l’homme envers l’homme.
« Le petit nombre qui a voulu contrôler la masse aurait dû avoir l’intelligence de comprendre que ce qui aide la masse, c’est ce qui aide aussi le plus l’individu. S’ils refusent de reconnaître cette Loi, l’autodestruction s’en suit. C’est la conséquence de l’égoïsme. L’égoïsme et le désir de dominer autrui aveuglent la raison et obscurcissent la perception du mental inférieur sur les dangers qu’il court. Cette espèce d’individus court à sa ruine dans tous les cas: ruine spirituelle, mentale, morale et physique s’étendant jusqu’à la troisième ou quatrième incorporation. Seule la Lumière peut élever l’individu au-dessus de l’égoïsme.
« Lorsque l’individu émergera de la boue de son propre égoïsme et de la luxure sous toutes ses formes, tout ce que Dieu et la Nature tiennent en réserve pour un usage correct pourra lui être confié. Tout individu qui se purifie de l’égoïsme et de l’appétit de jouissance peut avoir toutes les richesses à sa disposition, à condition qu’il s’en serve de façon harmonieuse et pour la bénédiction d’autrui. Tout individu peut conquérir, pour son propre effort, la garde de ces Dons, car dans l’Age qui a déjà commencé, des richesses illimitées ne seront confiées qu’à ceux qui se seront rendus dignes d’être les Gardiens et les Dispensateurs responsables de ces trésors. Dieu et la Nature dispensent ces Dons à l’homme pour un bon usage, et l’usage correct est la seule condition qui permettra de les recevoir. »
Saint-Germain croisa les mains sur sa poitrine et continua: « Dieu Tout-puissant! Pénètre si profondément dans le Cœur de Tes Enfants qu’ils ne désirent plus que Toi Seul! Ainsi personne ne sera privé de Tes Dons! »
Il scella de nouveau tout comme nous l’avions trouvé, et nous retournâmes vers mon corps dont je repris bientôt possession. Il me tendit la coupe de cristal habituelle. Elle était pleine de la Substance de Vie et Il me dit: « Mon Fils Bien Aimé, vous serez un Aide de grande valeur. Puisse Dieu vous bénir à jamais! »
Après cette bénédiction, Il s’inclina et disparut.

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