la salle des trois corps

« Maintenant que vous avez eu la preuve physique de ce que Je vous ai expliqué, me dit-Il, Je veux que vous sachiez que Je ne vous dirai jamais rien que Je ne puisse prouver ». Il se tourna vers moi et Son regard perçant traversa mon esprit et mon corps. « Mon Fils, continua-t-Il, vous vous êtes bien conduit. Vous avez manifesté votre calme et votre équilibre au cours de ces récentes expériences. Beaucoup dépend de la suite. Centrez votre attention sur votre Dieu Intérieur, qui doit tout contrôler en vous, et n’oubliez pas de l’y maintenir constamment. »
A la lumière de ce qui devait m’arriver plus tard, je suis heureux d’avoir été conforté par cette admonition. Après cet avertissement, Il me conduisit à travers le grand hall d’audiences vers la grande porte de bronze sur le mur Ouest. Appuyant la main sur elle, Il ouvrit un panneau qui se referma après notre entrée. Je m’arrêtai alors, frappé de stupeur en voyant ce que des yeux humains ont sans doute rarement, ou peut-être jamais, eu la permission de contempler. Je restai ainsi, immobile, fasciné par tant de beauté et de nouveauté: à environ trois mètres cinquante en face de moi, se trouvait un bloc d’onyx, blanc de neige, de un mètre quatre vingt de haut et de quarante cinq centimètres de large. Sur le dessus reposait une sphère de cristal remplie d’une lumière blanche sans cesse mouvante, et à l’intérieur de laquelle des points scintillants se déplaçaient de ci, de là. La sphère émettait sans discontinuer les rayons colorés du prisme jusqu’à une distance d’environ quinze centimètres. Elle semblait faite d’une substance vivante car elle n’arrêtait pas de scintiller.
Du sommet de la boule s’épanouissaient trois flammes en forme de plumes, l’une de la couleur de l’or en fusion, l’autre rose et la dernière bleu électrique. Les plumes avaient au moins un mètre de haut. Près du sommet, chaque section se recourbait comme une plume d’autruche, gracieuse, ravissante et en perpétuel mouvement. L’éclat qui émanait de cette admirable sphère remplissait toute la pièce et produisait une sensation d’énergie électrique indescriptible. La Lumière, la Vie et la Beauté de cette scène dépassent simplement l’imagination humaine.

Nous nous dirigeâmes à l’autre bout de la pièce et là se trouvaient trois coffres de cristal contenant chacun un corps humain. Alors que je m’approchai, mon cœur s’arrêta: je venais de découvrir les formes que Lotus, mon fils et moi-même occupions dans une autre incorporation. Je les reconnus immédiatement par le corps de Lotus qui garde encore une certaine ressemblance avec ce corps, alors que ceux de mon fils et de moi-même avaient des traits bien plus réguliers que ceux de nos formes actuelles. Tous trois témoignaient d’un type parfait, rappelant celui des anciens. Ils paraissaient vivants, seulement endormis. Ils avaient des cheveux blonds ondulés et étaient revêtus d’une étoffe semblable à celle des personnages de la tapisserie. Un Maître Ascensionné n’avait qu’à poser le regard sur ces corps pour voir enregistrées chaque action accomplie dans toutes les vies précédentes. Ils servaient ainsi de miroirs, permettant le rappel des activités passées, lesquelles, pourtant, laissaient leur perfection originelle inchangée.
Chaque coffre reposait sur un large socle fait du même onyx blanc que celui sur lequel était placée la sphère lumineuse. Ces coffres avaient des couvercles de cristal non scellés, mais très soigneusement ajustés à l’intérieur d’une rainure qui en faisait le tour. Sur chaque couvercle, au centre, on voyait une étoile à sept branches. Ces emblèmes étaient en relief, comme s’ils avaient été sculptés à même le cristal.
« Ces corps, m’expliqua Saint-Germain, vous ont appartenu au cours d’une incorporation particulière, lorsque vous avez quitté la Cité d’Or pour un service spécial. Vos expériences furent terrifiantes, mais tant de Bien fut accompli au cours de ces vies qu’un Grand Etre Cosmique apparut et commanda de conserver ces formes jusqu’au moment où vous pourriez opérer leur Ascension et retourner à la Cité d’Or. Il donna toutes les indications pour leur conservation et leur préservation, et elles furent observées comme vous le voyez.
« Maintenant vous pouvez tous réaliser combien il est important et nécessaire d’avoir une conscience aiguë du Maître Intérieur, et de se concentrer profondément sur Lui, de façon à ce que, Seul, l’Amour Divin, la Sagesse et la Paix puissent agir à travers vos esprits et vos corps en tous temps. » »
A ce moment là, une Lumière Étincelante et une Force Terrible me Traversèrent et mon Dieu Intérieur parla: « Grand Maître de Lumière, Parent, Frère et Ami! O Puissant Fils de Dieu! Tu as en effet un Amour sans fin et, grâce à Lui, Tu as atteint la Maîtrise sur les Cinq Royaumes et l’Éternelle Paix que Tu as méritée. Le Grand Dieu Intérieur, en ces Enfants que Tu aimes tant, Se manifestera bientôt en une Complète et Consciente Maîtrise. Il leur permettra de donner l’Assistance que Tu as si longtemps désirée, car Chacun des Enfants de Dieu a un service à rendre, et aucun autre ne peut le donner, que lui seul. Du Cœur même de Dieu, J’invoque la Grande Lumière pour Te bénir à tout jamais! »
Quand ces mots eurent été prononcés, un Grand Rayon de Lumière apparut, qui remplit la pièce de points brillants aux couleurs prismatiques: surgissant de toutes parts, ils remplirent la pièce d’une Lumière Éclatante d’arc-en-ciel, palpitante de Vie.
« Voyez, Mon Fils, me dit Saint-Germain, jusqu’à quel point de Perfection vous pouvez laisser parler le Grand Maître Intérieur. Vous serez bientôt capable de le faire consciemment et à volonté, chaque fois que vous le désirerez. Notez l’effet de stalactite sur le plafond, et l’apparence blanc argent des murs. Tout cela est fait de substance précipitée, et la pièce est toujours maintenue à la même température confortable. »

Il m’entraîna vers l’autre bout de la pièce et nous nous arrêtâmes devant une ouverture voûtée pratiquée dans le mur. Il y posa la main et une porte s’ouvrit lentement, laissant apercevoir le merveilleux équipement permettant de graver les mémoires. « A l’époque actuelle, dit-Il, un grand nombre de ces appareils vont servir de nouveau à l’humanité qui, de cette façon, n’aura pas besoin de passer par le canal des inventions et des découvertes.
– Comment se fait-il, demandai-je, que tout, dans ce Centre et dans ces mines, soit préservé de la poussière et doté d’une ventilation si parfaite?
– C’est très simple, m’expliqua-t-Il, les Maîtres Ascensionnés utilisent la même force pour nettoyer et ventiler que pour produire de la Lumière, de la Chaleur ou de l’Énergie. L’émanation de l’Un d’Eux, lorsqu’elle passe dans les mines ou dans les chambres, consume instantanément toute substance inutile. Nous approchons du second matin depuis que vous avez quitté votre corps et nous devons rentrer. »

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